Kawasaki KLE500 : le retour d’un trail culte, pensé pour rassurer les motards A2
Publié le 13/08/2026 | Temps de lecture : 12 minutes
Il existe une catégorie de motos que l’on n’achète pas pour ses chiffres, mais pour la confiance qu’elle inspire au quotidien. La nouvelle Kawasaki KLE500 appartient clairement à cette famille.
Trente-cinq ans après le lancement du modèle original (pensé à l’époque pour concurrencer la Honda Transalp 600), Kawasaki ressuscite un nom chargé d’histoire sur une base entièrement nouvelle. Le bicylindre de 451 cm³ reprend la mécanique des Z500 et Ninja 500, le châssis reste un simple treillis tubulaire en acier, et le tarif démarre à 6 549 €.
Rien d’extravagant, donc, mais une promesse claire : rendre le trail moyenne cylindrée facile, disponible en toutes circonstances, et accessible au permis A2.
C’est justement parce que cette moto ne cherche pas à impressionner sur une fiche technique qu’elle mérite un vrai temps d’essai, en ville, sur route sinueuse et hors bitume. C’est ce qu’a fait Le Repaire des Motards, partenaire d’APRIL Moto, dans un essai complet dont cet article reprend les enseignements.
L’essai vidéo de la Kawasaki KLE500 par Le Repaire des Motards
Avant d’entrer dans le détail de cet essai, nous vous recommandons de découvrir la vidéo de l’essai de la Kawasaki KLE500 réalisée par Le Repaire des Motards, partenaire d’APRIL Moto.
Elle permet de mieux percevoir la sonorité du bicylindre, la position de conduite réelle et le comportement de la partie-cycle sur route comme hors bitume.
Chez APRIL Moto, ce partenariat avec Le Repaire des Motards répond à une même exigence : proposer aux motards des contenus fiables, fondés sur une expérience de terrain plutôt que sur une simple lecture de fiche technique.
Un patronyme qui revient, une philosophie qui reste la même
La KLE500 originale a été produite de 1991 à 1998, puis de 2005 à 2007, avec pour ambition de démocratiser l’aventure au quotidien. Deux décennies plus tard, Kawasaki reprend ce nom pour une machine bâtie sur la plateforme technique des petits roadsters et sportives de la marque : la Z500 et la Ninja 500.
Cette filiation n’est pas anecdotique. Elle explique pourquoi la KLE500 hérite d’un bicylindre en ligne connu, éprouvé et compatible avec le permis A2, plutôt que d’un moteur inédit développé spécifiquement pour un usage tout-terrain.
Le pari de Kawasaki est donc celui de la polyvalence maîtrisée plutôt que de la performance brute.
Une silhouette de trail d’aventure, sans excès
La KLE500 adopte une ligne haute et étroite, clairement inspirée des codes du rallye-raid, tempérée par des proportions raisonnables.
Ses doubles optiques anguleuses reprennent le vocabulaire stylistique actuel de Kawasaki, tandis qu’une courte bulle et deux écopes latérales dessinent des épaulements élancés.
Le réservoir de 16 litres précède une selle en deux parties distinctes plutôt qu’un bloc unique, une configuration qui profite au confort du passager.
La partie arrière, fuselée et assez longue, confirme cette vocation au duo, même si l’absence de poignées de maintien de série et un feu arrière assez classique restent des choix un peu datés pour une moto neuve.
Le châssis, un treillis tubulaire en acier de 19 kg partagé avec les autres 500 de la gamme, privilégie la simplicité à la sophistication. Une approche cohérente avec le positionnement tarifaire du modèle.
Un bicylindre connu, mais retravaillé pour la disponibilité
Le cœur de la KLE500 est un bicylindre en ligne calé à 180°, de 451 cm³ (70 x 58,6 mm), à double arbre à cames en tête et 8 soupapes. Il développe 45,4 chevaux à 9 000 tr/min et 42,6 Nm de couple à 6 000 tr/min , des valeurs qui le rendent nativement compatible avec le permis A2, sans bridage nécessaire.
Par rapport aux blocs équipant les Z500 et Ninja 500, Kawasaki a modifié la masse d’équilibrage du vilebrequin pour affiner le ressenti mécanique et améliorer la disponibilité à bas et moyen régime. Deux corps d’injection à double papillon de 32 mm alimentent le moteur, épaulés par une boîte à air de 5,8 litres.
L’embrayage mérite une mention particulière : de type anti-dribble (« Assist & Slipper »), il combine une came de verrouillage et une came de glissement qui désolidarisent les plateaux de pression en cas de rétrogradage trop appuyé. Concrètement, cela allège sensiblement la commande à la main gauche et limite les risques de blocage de roue arrière lors des rétrogradages rapides.
Sur la partie-cycle, la géométrie reste ouverte et rassurante : angle de colonne de 28°, chasse de 104 mm, empattement de 1 555 mm. Des choix qui privilégient la stabilité et la facilité de prise en main plutôt que la vivacité pure.
L’équipement de suspension reste cohérent avec le positionnement économique du modèle : une fourche télescopique de 43 mm non ajustable (210 mm de débattement) associée à un amortisseur Uni-Trak réglable uniquement en précharge (196 mm de débattement). La garde au sol atteint 185 mm.
Côté freinage, l’étrier avant à deux pistons et fixation axiale mord un disque de 300 mm, complété par un étrier arrière simple piston sur un disque de 230 mm, le tout piloté par un ABS non désactivable et non sensible à l’angle.
Les jantes rayonnées à chambre à air, en 21 et 17 pouces, sont chaussées de pneus IRC Trail Winner GP410, taillés pour un usage 70 % route / 30 % chemin.
Une version SE vient enrichir l’équipement de série : bulle plus haute (+106 mm), sabot moteur et protège-mains en aluminium, écran TFT couleur, prise USB-C et clignotants à LED.
Avec 194 kg tous pleins faits (195 kg en version SE), la KLE500 reste dans la moyenne de sa catégorie sans viser l’exploit en la matière.
Une position de conduite pensée pour rassurer
Malgré une hauteur de selle de 870 mm, la KLE500 reste étonnamment accessible grâce à une assise étroite à sa jonction avec le réservoir. Le triangle selle-guidon-repose-pieds, inspiré des enduros KX de la marque, a été pensé pour faciliter aussi bien le pilotage assis que debout.
Le cintre large et presque plat offre un bon contrôle du train avant, tandis que la gamme d’accessoires ERGO-FIT permet d’ajuster précisément l’ergonomie selon la morphologie du pilote.
Côté instrumentation, la version standard se contente d’un écran LCD, tandis que la SE bénéficie d’un écran TFT couleur de 4,3 pouces à luminosité automatique. Les deux versions peuvent se connecter à l’application Rideology the App, qui propose navigation turn-by-turn, commande vocale et réception des notifications.
En revanche, ni mode moteur, ni contrôle de traction, ni réglage d’écartement des leviers ne sont proposés, un choix cohérent avec le positionnement accessible du modèle, mais qui pourra frustrer les motards les plus exigeants.
En ville : une moto qui s’efface pour se faire oublier
Dans le trafic urbain, la KLE500 impressionne par sa facilité. L’embrayage souple soulage la main gauche, la boîte de vitesses se montre précise, et le bicylindre accepte de rouler sur le cinquième rapport à peine plus de 2 000 tr/min sans broncher.
Le rayon de braquage généreux et la légèreté ressentie du trail facilitent chaque manœuvre.
Cette aisance urbaine constitue l’un des arguments les plus concrets de la moto : elle ne demande aucun compromis particulier pour être utilisée au quotidien.
Sur route : de l’aisance à haute vitesse à l’agilité en virage
Sur voie rapide, le bicylindre prend ses tours sans se faire prier et permet d’atteindre confortablement 160 km/h sur le plat. À 130 km/h sur le rapport le plus long, le moteur tourne autour de 7 500 tr/min avec des vibrations contenues, en partie grâce au travail réalisé sur l’allègement du volant moteur.
Sur les routes sinueuses, la KLE500 révèle sa vraie personnalité. Le bicylindre se montre très disponible entre 5 000 et 10 000 tr/min, ce qui permet d’enchaîner les virages avec entrain sans devoir constamment rétrograder.
La légèreté perçue de la moto, associée à un large bras de levier au guidon, facilite les changements d’angle rapides, même si la géométrie ouverte, associée à une roue avant de 21 pouces, aurait pu laisser craindre l’inverse.
Le freinage se montre progressif à l’avant, mais la fourche non ajustable plonge sensiblement lors des décélérations franches, sans jamais talonner en fin de course. Les pneus IRC Trail Winner GP410 offrent une adhérence rassurante, y compris sur revêtement dégradé.
Hors bitume : une vocation « tout chemin » plutôt que baroudeuse
Avec 185 mm de garde au sol, la KLE500 ne prétend pas rivaliser avec une véritable enduro, mais elle se comporte avec assurance sur des pistes de gravier ou de pierraille sèche.
La position debout, un centre de gravité assez bas et un guidon large permettent un bon contrôle, tandis que le poids raisonnable de la moto facilite son relevage en cas de chute.
L’absence de contrôle de traction n’est pas véritablement un handicap : la disponibilité du couple moteur et la finesse de l’injection évitent tout excès. L’ABS, qui intervient tardivement, peut d’ailleurs être laissé actif sans pénaliser l’efficacité du freinage hors bitume.
Confort, duo et consommation
Grâce à ses suspensions relativement souples et ses débattements généreux, la KLE500 se montre confortable en solo comme à deux, malgré l’absence regrettable de poignées de maintien pour le passager sur le modèle de série.
Côté consommation, la version SE a affiché environ 5,3 l/100 km sur un usage dynamique lors de l’essai, un chiffre qui peut vraisemblablement descendre sous les 4,5 l/100 km en usage plus mesuré. Avec un réservoir de 16 litres, cela représente une autonomie théorique avoisinant les 300 km.
Kawasaki KLE500 : fiche technique et principales caractéristiques
| Caractéristique | Kawasaki FLE500 |
|---|---|
| Moteur | Bicylindre en ligne, 451 cm³, calé à 180° |
| Puissance | 45,4 ch à 9 000 tr/min |
| Couple | 42,6 Nm à 6 000 tr/min |
| Compatibilité A2 | Oui, nativement (sans bridage) |
| Poids en ordre de marche | 194 kg (195 kg version SE) |
| Hauteur de selle | 870 mm |
| Capacité du réservoir | 16 litres |
| Suspension avant | Fourche télescopique 43 mm, non ajustable, 210 mm de débattement |
| Suspension arrière | Monoamortisseur Uni-Trak, réglable en précharge, 196 mm de débattement |
| Freinage avant | Disque de 300 mm, étrier 2 pistons à fixation axiale |
| Freinage arrière | Disque de 230 mm, étrier simple piston |
| Pneumatiques d’origine | IRC Trail Winner GP410, 21 et 17 pouces |
| Instrumentation | Écran LCD (standard) ou TFT couleur 4,3″ (SE) |
| Prix annoncé | À partir de 6 549 € (standard), 7 399 € (SE) |
Kawasaki KLE500 face à ses principales concurrentes
| Modèle | Moteur | Puissance | Prix indicatif | Ce qu’on retient |
|---|---|---|---|---|
| Kawasaki KLE500 | Bicylindre, 451 cm³ | 45,4 ch | 6 549 € | Fiabilité, disponibilité moteur et facilité de prise en main |
| CFMoto 450 MT | Bicylindre | Puissance proche | Plus abordable | Mieux équipée, plus légère, mais moins sûre en fiabilité perçue |
| BMW F450 GS | Bicylindre | Puissance proche | 7 500 € | Plus orientée tout-terrain, plus légère |
| Royal Enfield Himalayan 450 | Monocylindre | Inférieure | 5 890 € | Vision plus rustique et abordable de la polyvalence |
| KTM 390 Adventure X | Monocylindre | 7Proche | 6 199 € | Plus sportive dans l’esprit |
| Triumph Scrambler 400 X | Monocylindre | Proche | 6 645 € | Style rétro affirmé |
| Benelli TRK502X | Bicylindre | Proche | 6 800 € | Bon rapport équipement/prix |
| Kove 510X | Bicylindre | Proche | 6 500 € | Alternative chinoise ambitieuse |
La Kawasaki KLE500 ne cherche pas à surenchérir sur l’équipement ou le tarif face à ses rivales chinoises, souvent moins chères ou mieux dotées sur le papier. Elle mise sur la réputation de fiabilité de la marque, un réseau de distribution étendu et une garantie de 4 ans pièces et main d’œuvre.
Des arguments qui pèsent lourd pour un usage quotidien de longue durée.
Quelle assurance moto choisir pour une Kawasaki KLE500 ?
La Kawasaki KLE500 s’adresse en priorité aux jeunes permis A2 et aux motards recherchant une première grosse cylindrée polyvalente. Ce profil d’utilisation (trajets quotidiens, virées le week-end, usage occasionnel hors bitume) nécessite une couverture d’assurance moto adaptée à ces différents contextes.
Chez APRIL Moto, plusieurs formules permettent d’ajuster les garanties selon le profil du conducteur, l’usage prévu de la moto et ses conditions de stationnement.
Pour une KLE500 neuve, une assurance tous risques reste pertinente les premières années, notamment pour couvrir les dommages en cas d’accident responsable ou de chute isolée, un risque à ne pas négliger sur un trail régulièrement utilisé hors des routes goudronnées.
La garantie vol mérite également d’être étudiée avec attention, en particulier si la moto stationne fréquemment dans la rue ou sur un parking non sécurisé. La protection corporelle du conducteur reste, elle, essentielle quel que soit le type de moto : une chute reste une chute, même à allure modérée.
Enfin, pour les motards qui envisagent d’utiliser leur KLE500 lors de sorties plus lointaines ou hors bitume, l’assistance panne apporte une vraie sécurité, tout comme la couverture des équipements du motard (casque, blouson, gants, bottes tout-terrain).
Ce que nous dit vraiment cette Kawasaki KLE500
La Kawasaki KLE500 ne cherche à impressionner ni par sa puissance, ni par sa dotation technologique. Elle prouve simplement qu’une moto simple, bien construite, peut rester la meilleure option pour un motard qui veut rouler tous les jours sans se poser de questions.
Certaines limites rappellent le positionnement économique du modèle : suspensions non ajustables à l’avant, absence de poignées passager de série, leviers non réglables.
Mais ces défauts ne remettent pas en cause l’essentiel : un moteur disponible et agréable, une partie-cycle équilibrée et une facilité de prise en main qui conviendra aussi bien à un jeune permis A2 qu’à un motard expérimenté cherchant une machine sans complication.
À partir de 6 549 €, la KLE500 propose une aventure accessible, rassurante et cohérente avec l’héritage de son nom.
Questions fréquentes sur la Kawasaki KLE500
La Kawasaki KLE500 développe 45,4 chevaux à 9 000 tr/min et 42,6 Nm de couple à 6 000 tr/min, grâce à son bicylindre en ligne de 451 cm³.
Oui. La KLE500 est nativement compatible avec le permis A2, sans nécessiter de bridage électronique.
La version standard est annoncée à partir de 6 549 euros, tandis que la version SE, mieux équipée, démarre à 7 399 euros.
Oui. Sa facilité de prise en main, sa boîte de vitesses précise et son moteur disponible dès les bas régimes en font une moto particulièrement à l’aise en circulation urbaine comme sur route.
Oui, dans une mesure raisonnable. Avec 185 mm de garde au sol et des pneus mixtes IRC Trail Winner GP410, elle se comporte bien sur piste de gravier ou chemin sec, mais reste avant tout une moto « tout chemin » plutôt qu’une enduro.
Avec un réservoir de 16 litres et une consommation généralement comprise entre 4,5 et 5,3 l/100 km selon l’usage, la KLE500 peut approcher les 300 km d’autonomie.
Pour une moto neuve à usage polyvalent, une assurance tous risques est souvent recommandée les premières années. Il est également conseillé de vérifier la garantie vol, la protection corporelle du conducteur, l’assistance panne et accident, ainsi que la couverture des équipements du motard.
Conclusion : un trail simple qui fait le pari de la confiance
La Kawasaki KLE500 ne réinvente rien, et c’est précisément ce qui en fait son intérêt. Son moteur est disponible et rassurant, sa partie-cycle équilibrée, et sa prise en main d’une facilité rare dans la catégorie.
Elle affronte une concurrence dense (CFMoto 450 MT, BMW F450 GS, Royal Enfield Himalayan 450, KTM 390 Adventure X, Triumph Scrambler 400 X et plusieurs trails sino-italiens), souvent mieux équipée ou plus légère. Mais la Kawasaki compense par sa réputation de fiabilité, son réseau de distribution et une garantie de 4 ans qui pèse lourd sur la durée.
Pour un jeune permis A2 en quête d’une première grosse cylindrée polyvalente, comme pour un motard expérimenté cherchant une machine simple et sans mauvaise surprise, la KLE500 mérite un vrai essai, loin des seules fiches techniques.
Par Thierry Monforto — Expert assurance moto & passionné de moto