BMW F450 GS : la GS la plus accessible peut-elle vraiment porter ce nom ?
Publié le 20/08/2026 | Temps de lecture : 13 minutes
Chez BMW, le sigle GS ne se distribue pas à la légère. Depuis des décennies, il porte l’image du grand voyage, de la robustesse et d’un certain art de rouler partout.
Alors quand la marque bavaroise annonce sa GS la plus légère, la moins puissante et la moins chère de la gamme, la question mérite d’être posée : cette F450 GS mérite-t-elle vraiment son patronyme, ou s’agit-il simplement d’un trail A2 habillé aux couleurs de la famille ?
Avec un tout nouveau bicylindre de 420 cm³ au calage inédit à 135°, un poids annoncé sous les 180 kg (pleins faits) et un tarif de départ à 7 500 euros, BMW ne souhaite pas faire une démonstration de force. Elle vise au contraire une catégorie jusque-là largement dominée par les constructeurs chinois : celle des trails moyenne cylindrée compatibles A2, capables d’un usage mixte route et chemins, sans sacrifier la finition ni l’agrément de conduite.
Reste à savoir si cette promesse tient sur le terrain. C’est tout l’objet de l’essai réalisé par Le Repaire des Motards, partenaire d’APRIL Moto, dont cet article reprend les principaux enseignements.
L’essai vidéo de la BMW F450 GS par Le Repaire des Motards
Avant d’entrer dans le détail de cet essai, nous vous invitons à découvrir la vidéo de l’essai de la BMW F450 GS réalisée par Le Repaire des Motards, partenaire d’APRIL Moto. Elle permet de mieux percevoir la sonorité inédite de ce bicylindre au calage à 135°, la position de conduite et le comportement de la moto que ce soit en ville ou sur un chemin.
Chez APRIL Moto, ce partenariat avec Le Repaire des Motards répond à une même exigence : offrir aux motards des contenus fiables et fondés sur une véritable expérience de terrain, plutôt que sur la seule lecture d’une fiche technique.
Une GS pensée à partir d’une feuille blanche
BMW n’avait plus produit de véritable moto tout-terrain de petite cylindrée depuis l’enduro G450 X, en 2008. Avec la F450 GS, la marque ne se contente pas de rétrécir une GS existante : elle développe une base châssis-moteur entièrement nouvelle, dont le développement a démarré en 2022 et qui devrait, à terme, essaimer sur d’autres modèles de la gamme.
Contrairement à la G310 GS, jugée trop proche d’une « petite moto » dans sa présentation, la F450 GS reprend clairement les codes stylistiques de la R1300 GS, à commencer par son phare en croix immédiatement identifiable dans un rétroviseur. Seules les jantes moulées en aluminium et des pneumatiques relativement fins trahissent la cylindrée réduite du modèle.
Le châssis tubulaire en acier utilise des carters en magnésium et un bras oscillant en aluminium. Précisons que ce moteur reste exclusif à la marque et ne sera pas réutilisé par l’industriel indien sur d’autres machines.
Un bicylindre inédit, pensé pour casser les codes du calage à 180°
Le cœur de la F450 GS est un bicylindre à décalage de manetons de 135°, avec un cycle d’allumage à 225°, une architecture inédite sur ce segment, où le calage à 180° domine largement depuis des décennies. L’objectif affiché par les ingénieurs BMW était à la fois d’obtenir un caractère moteur plus marqué qu’un bicylindre classique, mais de conserver un bloc compact ne nécessitant qu’un seul arbre d’équilibrage.
Le moteur développe 35 kW, soit 47,6 chevaux (la limite haute autorisée pour le permis A2) et 43 Nm de couple, dont 80 % sont déjà disponibles dès 3 000 tr/min. Le bloc moteur ne pèse que 46 kg selon BMW, un chiffre qui explique en grande partie comment la moto parvient à rester sous les 180 kg pleins faits, condition nécessaire pour respecter le rapport poids/puissance imposé par le permis A2 (0,2 kW/kg).
Les trains roulants, en 19 pouces à l’avant et 17 pouces à l’arrière, confirment une orientation clairement routière, mais proposant une réelle capacité à s’aventurer sur chemin.
Un poste de pilotage à la hauteur de la réputation BMW
Malgré son positionnement d’entrée de gamme dans la famille GS, la F450 GS soigne son équipement. Les plastiques, le guidon et les tés de fourche affichent des textures haut de gamme, et l’écran TFT connecté se montre large et lisible. De série, on trouve des poignées chauffantes, l’ABS sensible à l’angle, des leviers réglables, une pédale de frein ajustable sur deux niveaux et une prise USB-C.
Seule la clé de contact, dépourvue de puce antidémarrage et l’absence d’option keyless trahissent quelques arbitrages budgétaires.
La hauteur de selle de 845 mm reste raisonnable pour la catégorie, avec une option basse à 830 mm disponible pour les gabarits plus modestes. Sur la version GS Trophy, la selle rallye grimpe à 865 mm, un niveau qui peut représenter un vrai défi pour les motards de petite taille.
En ville : une moto saine, et un embrayage centrifuge bien pensé
À basse vitesse, la F450 GS se montre bien équilibrée et facile à manœuvrer, aidée par un excellent rayon de braquage. Le refroidissement liquide gère efficacement la chaleur, sans déclenchement intempestif du ventilateur, même par températures fraîches.
Les modes de conduite sont globalement bien calibrés, avec une courbe de poignée de gaz progressive qui évite les à-coups. En charge légère, le quickshifter se montre pratique, équipé d’un ensemble embrayage-sélecteur plutôt léger.
L’embrayage centrifuge, disponible en option ou intégré au style Trophy, mérite une mention particulière : conçu à l’origine pour le tout-terrain, il se révèle également très agréable en ville, en supprimant le besoin d’actionner l’embrayage à l’arrêt tout en conservant le frein moteur. Il s’agit là d’un vrai confort pour un usage urbain avec de nombreux arrêts.
Sur route : stable sur voie rapide, vive sur départementale
Sur autoroute, la stabilité de la F450 GS est excellente, portée par un empattement de 1 465 mm et un angle de colonne de 28,1°. La moto atteint sans difficulté 130 km/h, avec un moteur qui tourne alors juste au-dessus de 7 000 tr/min. Seul bémol : des vibrations perceptibles au-delà de 6 000 tr/min, ressenties dans le guidon et les repose-pieds, qui limitent un peu le plaisir sur les longs trajets autoroutiers.
Sur route sinueuse, le nouveau moteur prend tout son sens. Sa faible inertie et ses envolées franches donnent à la moto une vraie facilité à virevolter d’un virage à l’autre.
Les pneus Maxxis d’origine montrent en revanche leurs limites sur revêtement humide, avec un train avant qui communique alors moins d’informations qu’avec les pneus Metzeler Karoo 4 montés sur la version Trophy testée.
Le bicylindre se montre vif et disponible à bas et moyen régime, mais s’essouffle après 8 500 tr/min. Le quickshifter demande une pression plus marquée en montée de rapports à forte charge, tandis que la rétrogradation reste fluide et confortable, notamment à l’approche des épingles.
Sur chemin : une vraie polyvalence, sans prétention tout-terrain
Avec sa roue avant de 19 pouces, choix assumé par BMW pour rester fidèle à l’esprit GS , et un débattement de suspensions limité à 180 mm à l’avant comme à l’arrière, la F450 GS affiche clairement une vocation orientée route, capable de s’aventurer sur des chemins roulants plutôt que de s’affirmer comme une moto ayant une polyvalence tout-terrain.
Sur les pistes rocailleuses testées lors de l’essai, la moto se montre saine dans ses réactions et les pneus Metzeler Karoo 4 (non montés d’origine) offrent une bonne accroche. Dès que le terrain se dégrade davantage, la roue avant de 19 pouces se fait plus pataude et les suspensions peuvent talonner sur les réceptions les plus sèches.
Du fait de sa hauteur jugé » un peu basse malgré les rehausses optionnelles de 20 mm, le guidon peut gêner en position debout. Ce désagrément est en lien avec un point de conception lié au cadre, partagé avec l’ensemble de la future gamme 450.
En résumé, la F450 GS s’adresse avant tout aux motards en quête d’un trail voyage confortable et économique, sur des pistes roulantes et sèches, plutôt qu’à ceux recherchant des aptitudes tout-terrain engagées.
Partie-cycle, freinage et confort
Les suspensions, fournies par Kayaba, ne sont pas réglables sur la version de base. Le style « Sport » ajoute des réglages de détente et compression sur la fourche, tandis que l’amortisseur, fixé directement sur le bras oscillant plutôt que via un système à biellettes, un choix plus économique, devient réglable en précharge et détente à partir du style « Exclusive ».
La fourche est certes confortable mais manque toutefois d’un peu de retenue au freinage sur son réglage d’origine.
Le freinage repose sur un simple disque avant de 310 mm associé à un étrier quatre pistons à fixation radiale, épaulé par un ABS sensible à l’angle. Si l’attaque est jugée rassurante, le levier reste assez éloigné de la poignée, même au réglage minimum, ce qui pourra gêner les motards aux mains plus petites.
Côté confort, la version Sport et ses suspensions réglables offrent une belle souplesse sur les irrégularités, avec un effet « cheval à bascule » limité au freinage appuyé. La consommation relevée lors de l’essai presse s’est établie autour de 3,8 à 4 l/100 km selon les versions et le rythme adopté, chiffre raisonnable pour cette cylindrée et cette puissance.
BMW F450 GS : fiche technique et principales caractéristiques
| Caractéristique | BMW F450 GS |
|---|---|
| Moteur | Bicylindre en ligne, 420 cm³, calage à 135° |
| Puissance | 47,6 ch (35 kW) |
| Couple | 43 Nm, 80 % disponible dès 3 000 tr/min |
| Compatibilité A2 | Oui, nativement |
| Poids en ordre de marche | 178 kg |
| Hauteur de selle | 845 mm (830 mm en option basse) |
| Empattement | 1 465 mm |
| Angle de colonne | 28,1° |
| Suspension avant | Fourche télescopique Kayaba, 180 mm de débattement |
| Suspension arrière | Monoamortisseur sur bras oscillant, 180 mm de débattement |
| Freinage avant | Disque de 310 mm, étrier 4 pistons à fixation radiale, ABS Pro |
| Trains roulants | 19 pouces à l’avant, 17 pouces à l’arrière |
| Fabrication | Inde (TVS), conception Allemagne/France |
| Prix annoncé | À partir de 7 500 € |
BMW F450 GS face à ses principales concurrentes
| Modèle | Moteur | Puissance | Prix indicatif | Ce qu’on retient |
|---|---|---|---|---|
| BMW F450 GS | Bicylindre, 420 cm³, calage 135° | 47,6 ch | 7 500 € | Finition, image de marque, moteur au caractère original |
| CFMoto 450 MT | Bicylindre, calage 270° | Puissance proche | 5 999 € | Aptitudes tout-terrain plus marquées, prix nettement inférieur |
| Kawasaki KLE500 SE | Bicylindre, calage 180° | 45,4 ch | 7 399 € | Fiabilité perçue, mais moteur plus conventionnel |
| Honda NX500 | Bicylindre | Proche | 6 799 € | Référence de polyvalence routière |
| KTM 390 Adventure X | Monocylindre | Proche | 6 199 € | Plus orientée sportive/tout-terrain |
| Royal Enfield Himalayan 450 | Monocylindre | Inférieure | À partir de 5 890 € | Vision plus rustique et accessible |
| Honda CRF300 Rally | Monocylindre | Inférieure | 7 299 € | Polyvalence moindre, architecture différente |
La F450 GS ne cherche pas à rivaliser sur le seul terrain du rapport prix/équipement face aux propositions chinoises, souvent moins chères à équipement comparable. Elle mise sur l’image GS, la qualité perçue de la finition et un moteur au caractère singulier. Tous ces arguments comptent pour les motards attachés à la marque, mais ils se paient également au prix fort dès que l’on ajoute quelques options comme les jantes à rayons, le style Trophy ou les crash-bars.
Quelle assurance moto choisir pour une BMW F450 GS ?
La BMW F450 GS s’adresse en priorité aux jeunes permis A2 en quête d’une première grosse cylindrée à l’image forte, mais aussi à des motards plus expérimentés séduits par la philosophie GS à moindre coût. Ce profil d’usage mixte (trajets quotidiens, virées route et incursions occasionnelles sur chemin) impose de bien choisir sa couverture d’assurance moto.
Chez APRIL Moto, différentes formules permettent d’ajuster les garanties selon le profil du conducteur, l’utilisation prévue de la moto et ses conditions de stationnement.
Pour une F450 GS neuve, dont le tarif grimpe rapidement avec les options (jantes à rayons, style Trophy, crash-bars), une assurance tous risques est particulièrement recommandée les premières années, afin de protéger cet investissement en cas de dommages, y compris lors d’un accident responsable.
La garantie vol mérite une attention particulière pour une moto premium au tarif de revente attractif, surtout en cas de stationnement régulier en extérieur. La protection corporelle du conducteur reste, comme sur toute moto, un point de vigilance essentiel, d’autant plus pour un public de jeunes permis A2 potentiellement moins expérimenté.
Enfin, pour les motards qui envisagent d’utiliser leur F450 GS pour des virées plus lointaines, sur route comme sur chemin, l’assistance panne et accident apporte une sécurité bienvenue, tout comme la couverture des équipements du motard (casque, blouson, gants, protections adaptées à un usage mixte).
Ce que nous dit vraiment cette BMW F450 GS
La BMW F450 GS réussit son pari sur un point essentiel : proposer un moteur au vrai caractère, dans un ensemble fini avec le soin habituel de la marque. Le calage à 135° tient ses promesses et distingue nettement cette machine des bicylindres au calage classique qui dominent encore la catégorie.
Ses limites tiennent surtout à son positionnement : des suspensions non réglables en entrée de gamme, une fixation d’amortisseur plus économique que sur d’autres modèles, et des aptitudes tout-terrain clairement en retrait par rapport à des concurrentes comme la CFMoto 450 MT. Le tarif, enfin, reste élevé pour une cylindrée de 420 cm³, surtout une fois quelques options ajoutées.
Mais pour un motard qui recherche avant tout l’image GS, une belle finition et un moteur qui sort du lot, la F450 GS a de solides arguments à faire valoir.
Questions fréquentes sur la BMW F450 GS
La BMW F450 GS développe 47,6 chevaux (35 kW) et 43 Nm de couple, grâce à son bicylindre inédit de 420 cm³ au calage à 135°.
Oui. Avec un poids de 178 kg et une puissance de 35 kW, elle respecte nativement le rapport poids/puissance imposé par le permis A2, sans nécessiter de bridage.
La BMW F450 GS est annoncée à partir de 7 500 euros, un tarif qui peut augmenter significativement avec les options (style Trophy, jantes à rayons, crash-bars).
Oui. Sa maniabilité à basse vitesse, son excellent rayon de braquage et son moteur disponible dès les bas régimes en font une moto à l’aise en ville comme sur route.
Dans une mesure limitée. Avec une roue avant de 19 pouces et un débattement de suspensions de 180 mm, elle convient à des chemins roulants et secs, mais ne rivalise pas avec des concurrentes plus orientées tout-terrain comme la CFMoto 450 MT.
Lors de l’essai presse, la consommation relevée s’est établie entre 3,8 et 4 l/100 km selon la version et le rythme de conduite adopté.
Pour une moto premium au tarif d’achat élevé, une assurance tous risques est généralement recommandée. Il est également conseillé de vérifier la garantie vol, la protection corporelle du conducteur, l’assistance panne et accident, ainsi que la couverture des équipements du motard.
Conclusion : une GS de cœur, pas encore une GS de terrain
La BMW F450 GS répond en grande partie à sa promesse : un moteur au caractère singulier, une finition digne de la marque et une polyvalence bien pensée pour un usage route à dominante, complété par des incursions raisonnables sur chemin.
Face à une concurrence dense comme la CFMoto 450 MT, Kawasaki KLE500, Honda NX500, KTM 390 Adventure X ou encore Royal Enfield Himalayan 450, la F450 GS ne s’impose pas sur le seul critère du rapport prix/prestations. Elle séduit avant tout par son image, son moteur inédit et la qualité perçue de sa fabrication.
Pour un jeune permis A2 séduit par l’univers GS, comme pour un motard expérimenté en quête d’une machine légère et joueuse pour la ville et la route, la F450 GS mérite un vrai essai, tout en gardant à l’esprit qu’elle ne cherche pas à concurrencer les trails les plus engagés hors bitume.
Par Thierry Monforto — Expert assurance moto & passionné de moto